Les soldes d’été qui s’achèvent aujourd’hui ont davantage profité aux commerçants des grands centres commerciaux. Selon un sondage réalisé par la Fédération Patronale Interprofessionnelle SDI auprès de 286 commerçants, 56% des indépendants interrogés jugent leur bilan décevant.
L’enquête menée par le SDI entre le 27 et le 30 juillet révèle que, les soldes ne constituent plus un grand rendez-vous commercial uniforme. Leur succès dépend désormais fortement du secteur, de la localisation et du profil de la clientèle
Ainsi, parmi les commerçants installés dans ou à proximité immédiate d’un centre commercial attractif, 52% déclarent avoir réalisé un chiffre d’affaires stable ou supérieur à celui des soldes d’été 2025.
À l’inverse, 71% des commerces indépendants situés dans des quartiers périphériques, des centres-villes secondaires ou des zones moins fréquentées constatent une baisse de leurs ventes. Pour près d’un commerçant sur trois, ce recul dépasse 10%.
« Les consommateurs n’ont pas totalement déserté les soldes, mais ils ont concentré leurs déplacements dans quelques grands pôles facilement accessibles, climatisés et regroupant de nombreuses enseignes. Les commerçants décentrés ont, eux, beaucoup plus difficilement attiré la clientèle », constate Daniel Cauwel, Président du SDI et membre de Brupartners–Entrepreneurs Indépendants.
La canicule a renforcé l’avantage des centres commerciaux
Pour 67% des commerçants interrogés, les fortes chaleurs ont pesé sur la fréquentation. Les galeries climatisées ont logiquement mieux résisté que les rues commerçantes exposées à la chaleur.
Le calendrier scolaire a également joué un rôle : 58% des répondants situés estiment que le maintien des enfants à l’école au début du mois de juillet en Communauté française a retardé le démarrage des achats.
Malgré des réductions atteignant souvent 40 à 50% en fin de période, 55% des commerçants terminent encore les soldes avec des stocks importants.
Les soldes ne suffisent plus à rétablir l’équilibre
Pour le SDI, ce bilan confirme surtout l’affaiblissement progressif de l’effet « soldes ». Les ventes privées, offres conjointes, codes promotionnels et réductions permanentes ont habitué les consommateurs à acheter toute l’année à prix réduit.
« Les soldes restent indispensables pour écouler les stocks et reconstituer un peu de trésorerie, mais elles ne sauvent plus automatiquement une saison. Les indépendants ne peuvent pas rivaliser en permanence avec les grandes enseignes et les plateformes internationales sur le seul terrain des prix », souligne Daniel Cauwel.
Alors que le cadre légal belge des soldes est aujourd’hui fragilisé, le SDI met en garde contre une dérégulation totale, qui renforcerait encore les acteurs capables de multiplier les promotions massives toute l’année.
L’enjeu ne doit donc pas être uniquement de déréguler ou non les soldes, mais bien de garantir des conditions de concurrence équitables entre les différents acteurs du commerce. Le SDI plaide dès lors pour des mesures concrètes permettant réellement de rééquilibrer la concurrence entre les petits commerces, les grandes enseignes et les plateformes internationales.



























