La récente hausse du prix du gaz sur les marchés européens ravive les inquiétudes quant à une possible nouvelle flambée des prix de l’énergie. La Fédération Patronale Interprofessionnelle SDI appelle le gouvernement fédéral à anticiper les conséquences économiques d’une telle évolution et à mettre en place des mesures visant à protéger la trésorerie des petites entreprises.
Le prix de référence du gaz européen (TTF), qui évoluait autour de 30 €/MWh ces dernières semaines, a récemment dépassé les 60 €/MWh, sous l’effet des tensions géopolitiques et des incertitudes pesant sur l’approvisionnement énergétique. Si cette volatilité devait se prolonger, elle pourrait rapidement se répercuter sur l’ensemble des coûts énergétiques supportés par les entreprises, qu’il s’agisse du gaz, de l’électricité ou encore des carburants.
Pour les indépendants et les PME, le principal danger n’est pas uniquement le niveau des prix de l’énergie, mais le choc de trésorerie provoqué par une hausse brutale des factures ou des acomptes.
« Lorsqu’un indépendant ou une PME voit ses coûts énergétiques augmenter fortement en quelques semaines, il n’a souvent aucune marge pour absorber ce choc. Pour beaucoup d’entreprises de proximité, une hausse soudaine des charges peut rapidement mettre en péril l’équilibre financier de leur activité », souligne Daniel Cauwel, Président du SDI et membre de Brupartners – Entrepreneurs Indépendants.
Les indépendants et PME particulièrement exposés
Les indépendants, commerçants, artisans, professions libérales et petites entreprises sont particulièrement vulnérables aux chocs énergétiques. Dans de nombreux secteurs, les coûts énergétiques restent incompressibles : cuisson, réfrigération, machines, ventilation, chauffage des locaux professionnels ou encore mobilité professionnelle.
À cela s’ajoutent plusieurs facteurs structurels : un pouvoir de négociation limité face aux fournisseurs d’énergie, des contrats parfois peu flexibles et un risque immédiat de tension de trésorerie lorsque les acomptes ou mensualités augmentent brutalement.
Pour de nombreuses petites entreprises, le véritable enjeu n’est donc pas seulement le prix de l’énergie, mais la capacité à absorber une hausse soudaine des charges.
Anticiper les effets économiques d’une nouvelle flambée énergétique
Dans ce contexte, le SDI estime nécessaire que les autorités anticipent dès à présent l’impact potentiel d’une nouvelle hausse des prix de l’énergie sur les entreprises.
La fédération rappelle que les indépendants et les PME ont été parmi les plus exposés lors des précédentes crises énergétiques et qu’une nouvelle flambée des prix pourrait à nouveau fragiliser de nombreuses activités économiques locales. « Les indépendants et les PME ne demandent pas des aides massives, mais des mécanismes simples qui permettent d’éviter un choc brutal sur leur trésorerie », ajoute Daniel Cauwel.
Trois mesures prioritaires pour protéger les entreprises
Afin de limiter l’impact d’une éventuelle nouvelle flambée des prix de l’énergie, le SDI demande d’envisager rapidement plusieurs mesures concrètes :
- permettre le lissage des factures d’énergie pour les PME afin d’éviter des hausses brutales de mensualités ;
- encadrer temporairement les appels d’acomptes demandés par les fournisseurs d’énergie en période de forte volatilité ;
- activer le mécanisme du cliquet inversé sur les accises des carburants si les prix à la pompe devaient fortement augmenter, afin de limiter l’impact sur les indépendants et les PME fortement dépendants de la mobilité professionnelle.
Relancer le débat sur le marché européen de l’électricité
Pour le SDI, la situation actuelle rappelle également les limites du fonctionnement du marché européen de l’électricité. Aujourd’hui, le prix de l’électricité reste largement influencé par celui du gaz en raison du mécanisme du prix marginal.
La fédération estime donc que les discussions européennes devraient progresser d’urgence afin que les prix de l’électricité reflètent davantage les coûts réels de production et offrent une meilleure visibilité aux entreprises. « Les indépendants et les PME ont besoin de stabilité et de prévisibilité. L’énergie ne peut pas devenir une source permanente d’incertitude économique pour le tissu entrepreneurial européen », conclut Daniel Cauwel.



























