Le commerce équitable bénéficie d’une bonne image auprès des Belges : 66% d’entre eux sont convaincus que le commerce équitable peut contribuer positivement à un changement écologique et social. Malheureusement, cela ne se reflète pas dans notre consommation. En 2023, les volumes de ventes de produits équitables semblent avoir diminué, pour la première fois depuis plusieurs années.
Si les Belges connaissent le commerce équitable, la majorité estime ne pas être suffisamment informée sur celui-ci. La Semaine du commerce équitable, de l’agence belge de développement Enabel, commence cette année le 2 octobre. Pendant dix jours, nous mettons le commerce équitable à l’honneur, à travers de nombreuses activités, dans toute la Belgique. Cette campagne de sensibilisation annuelle est connue de la moitié de la population belge et a un impact direct sur le comportement d’achat de 4 participants sur 10.
Plus d’un Belge sur trois a une attitude neutre à l’égard du commerce équitable
De manière générale, les Belges connaissent le commerce équitable (85%) et ont une attitude positive à son égard : 7 personnes sur 10 pensent qu’acheter des produits issus du commerce équitable offre de meilleures conditions de vie aux travailleurs et producteurs des pays du Sud global ; et 6 personnes sur 10 pensent qu’acheter des produits équitables est une bonne chose pour l’environnement.
19% des Belges déclarent acheter régulièrement des produits issus du commerce équitable. Ce groupe des «enthousiastes», qui connaît très bien le commerce équitable, achète également des produits durables et accorde de l’importance à l’économie circulaire. Il se compose d’un peu plus de femmes que d’hommes et toutes les tranches d’âge y sont représentées.
En revanche, un groupe tout aussi important (17%) rejette le commerce équitable. Ces « rejectors» ou réfractaires sont nettement moins susceptibles d’acheter des produits issus du commerce équitable et n’ont pas du tout l’impression de contribuer aux droits des travailleurs/producteurs en achetant équitable. On trouve un peu plus d’hommes que de femmes dans ce groupe, principalement composé de personnes d’âge moyen ou plus âgées.
On retrouve les jeunes dans le groupe des sceptiques (1 Belge sur 4). Les ‘sceptiques’ achètent sans faire attention si le produit provient du commerce équitable ou non. Ils ne sont pas réellement convaincus de l’intérêt du commerce équitable. Ils ont cependant une bonne image du commerce équitable. Ce groupe comprend plus de femmes que d’hommes.
Le groupe le plus important (38%) est neutre à l’égard du commerce équitable. On y retrouve un nombre égal d’hommes et de femmes. Ils n’achètent pas souvent des produits issus du commerce équitable bien qu’ils connaissent ces produits. Ils seraient plus enclins à les acheter si le prix était plus bas, si les produits étaient plus facilement reconnaissables et si la gamme était plus large. Ils sont, comme les autres groupes, plus attirés par les produits locaux et ne sont pas convaincus de pouvoir réellement contribuer au respect des travailleurs en choisissant de consommer des produits issus du commerce équitable.
En 2023, les ventes du commerce équitable ont augmenté en valeur, mais pas en volume
Comment cela se traduit-il dans notre comportement d’achat ? En 2023, les Belges ont consacré en moyenne 42 € à l’achat de produits issus du commerce équitable, dont 29 € à l’achat de produits en provenance des pays du Sud global. Cela représente une augmentation d’un peu moins de 5% par rapport à l’année dernière. Toutefois, sachant que l’inflation pour les produits alimentaires a été de 12,73% en 2023 sur base annuelle, et que les produits alimentaires représentent 97% des produits équitables vendus dans notre pays, il semble que l’on assiste à une diminution des volumes vendus.
L’augmentation du coût de la vie et du pouvoir d’achat est la plus grande préoccupation des Belges (après la santé). Plus de la moitié d’entre eux pensent que les produits du commerce équitable sont trop chers, et certainement parmi les jeunes. Le prix est également de loin le plus grand obstacle à l’achat de volumes plus importants de produits issus du commerce équitable.



























