Selon les chiffresde la Banque Nationale de Belgique, la croissance moyenne de la valeur des importations et des exportations belges s’est établie à, respectivement, -4,2 et -2,8% au cours des trois derniers mois disponibles (de mars à mai 2025).
Les prix dans le secteur de l’énergie ont baissé
Le secteur des produits minéraux – qui comprend notamment le gaz naturel, l’électricité et les produits pétroliers – est celui qui a le plus contribué à cette croissance négative. Au cours des trois derniers mois, la valeur des exportations de ce secteur a chuté de près d’un cinquième par rapport à la période correspondante de l’année dernière, entraînant une croissance négative de 19,4%. Ce secteur est donc presque entièrement responsable de la croissance négative des exportations puisqu’il contribue à hauteur de 2,5% à un recul total de 2,8%. Du côté des importations, ce sont également les produits minéraux qui enregistrent la plus forte baisse (-13,8%). Plus de la moitié du repli total des importations belges est dès lors imputable à ce secteur. L’autre moitié est pour une bonne part le fait du secteur de la chimie.
Il convient de remarquer que, pour l’essentiel, il s’agit d’un effet de prix. Les volumes d’importations et d’exportations sont globalement demeurés inchangés, mais le prix du gaz naturel bat en retraite depuis le début de 2025, après avoir grimpé constamment, quoique faiblement, tout au long de 2024. Le pétrole et l’électricité affichent des évolutions similaires.
Les autres secteurs renvoient une image contrastée : certains s’affichent en baisse, d’autres en hausse. Hormis le secteur de la chimie et, comme on l’a déjà mentionné, les produits minéraux qui ont comprimé les importations, aucun autre secteur n’a eu d’impact majeur sur la croissance.
Les chiffres du commerce avec les États-Unis se démarquent
S’agissant de la répartition par pays, les chiffres des importations en provenance des États-Unis attirent tout particulièrement l’attention. Comme on pouvait s’y attendre, les exportations vers les États-Unis sont en baisse de 9,8%, tandis que les importations sont en hausse de 11,6%. Une explication possible pourrait résider dans le taux de change historiquement bas du dollar des États-Unis, qui rend les produits américains moins chers pour les importateurs belges. Dans le même temps, la faiblesse du dollar pèse sur nos exportations puisqu’elle rend nos produits plus onéreux aux États-Unis.
En outre, la guerre commerciale menée par les États-Unis joue elle aussi probablement un rôle car les droits de douane imposés outre-Atlantique pénalisent nos exportations. Il y a lieu de remarquer que ce sont principalement les produits chimiques et les diamants qui pèsent sur les exportations vers les États-Unis. Or, ces catégories de produits ne sont pas les premières visées par les droits de douane (il s’agit principalement des véhicules et des métaux). Il faudra donc encore attendre un certain temps avant que l’incidence de la guerre commerciale sur les chiffres du commerce ne devienne tout à fait claire.
Les exportations vers l’Allemagne se portent elles aussi extrêmement bien, affichant une croissance positive de 4,6%. Cette évolution est à mettre au crédit des produits minéraux, des produits chimiques et des diamants.



























