Conjoncture : le nombre de faillites devrait se stabiliser en 2025
20 novembre 2024

Avec une augmentation de 7 % en 2024, le nombre de faillites reste élevé dans notre pays.

Un climat économique hésitant, des marges bénéficiaires sous pression et la disparition des aides liées au COVID expliquent cette hausse. Cependant, le dernier rapport de l’assureur-crédit Atradius indique que cette augmentation est bien inférieure pour notre pays comparé à la hausse mondiale attendue de 23 %. En zoomant sur nos pays voisins, nous constatons que les Pays-Bas (+31 %), l’Allemagne (+28 %) et la France (+17 %) enregistrent des résultats nettement moins bons que la Belgique cette année. Seul le Royaume-Uni n’enregistre pas plus d’augmentation du nombre de faillites, mais elles y étaient déjà à un niveau très élevé. 

 

La Belgique se porte mieux que ses voisins

Les experts économiques d’Atradius prévoient une augmentation mondiale de 23 % du nombre de faillites en 2024. Après un pic de 42 % en 2022, la Belgique se distingue cette année avec une augmentation légère de 7 % par rapport à l’année dernière, faisant d’elle une élève modèle au niveau européen. Notre pays s’en sort effecctivement beaucoup mieux que ses voisins : alors que la France parvient à limiter les dégâts avec une hausse de 17 %, le nombre d’entreprises en faillite augmente surtout aux Pays-Bas (+31 %) et en Allemagne (+28 %). Le Royaume-Uni a réussi à casser la vague grandissante de faillites, et les experts s’attendent à ce que le nombre de faillites y reste stable en 2024 et 2025. Par rapport à la période précédant le Brexit, le nombre de faillites de l’autre côté de la Manche est supérieur de 47 %, alors qu’en Belgique, cette augmentation n’est que de 3 % sur la même période.

Pour la Belgique, la disparition des aides gouvernementales à grande échelle après la crise du COVID-19 est l’un des facteurs qui explique la nouvelle hausse prévue en 2024. De plus, la conjoncture économique difficile, combinée à des coûts (salariaux) élevés et à des conditions de crédit plus strictes imposées par les banques, met également la pression sur les entreprises et les nouveaux entrepreneurs. 

« Les réserves de trésorerie constituées par les entreprises après la pandémie sont maintenant sous pression en raison de la réduction des marges bénéficiaires et du resserrement des conditions de financement. L’augmentation de la charge de la dette, accumulée pendant la pandémie, devient plus difficile à rembourser dans un environnement caractérisé par des taux d’intérêt plus élevés, des coûts (de main-d’œuvre) élevés et une croissance plus faible, » a déclaré Frederik Devooght, Country Manager d’Atradius Belgique et Luxembourg. 

 

Solde attendu en 2025 pour la Belgique

En 2025, les experts économiques d’Atradius tablent sur une baisse globale (3%) du nombre d’entreprises devant déclarer faillite. Pour notre pays, la tendance à la baisse des années précédentes – avec une légère augmentation en 2023 (11%) et 2024 (7%) – devrait se poursuivre et le nombre de faillites se stabiliser en 2025.  

Pour la France et l’Allemagne, après une année 2024 très difficile, les prévisions pour l’année prochaine sont beaucoup plus positives, avec une baisse attendue des faillites de -10 % et -16 %, respectivement. Il est toutefois intéressant de noter que les Pays-Bas (7 %), ainsi que les États-Unis (5 %), s’attendent toujours à une augmentation du nombre de faillites l’année prochaine. 

Une évolution favorable de l’inflation qui redonne du pouvoir d’achat aux consommateurs, une poursuite attendue de la baisse des taux d’intérêt et une croissance économique prudente dans la zone euro de 1,4 % pour 2024 et 1,6 % pour 2025 incitent les analystes d’Atradius à envisager l’avenir avec optimisme. 

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